Cancer et activité physique

Chaque année 355 000 personnes ont un diagnostic de cancer. Les cancers sont la première cause de mortalité en France et sont responsables de 148 000 décès par an. Les diagnostics plus précoces et les progrès thérapeutiques permettent aujourd’hui de soigner 1 personne sur 2. Parmi la population française, 3 millions de personnes ont un cancer ou en ont été soigné. 

Si ces chiffres ont doublé sur les 30 dernières années, notamment en raison d’une meilleure détection, ils sont aggravés par nos comportements à risques (tabac, alcool, rayons UV), notre mode de vie (nutrition, sédentarité, obésité) et notre environnement (pollutions diverses, expositions professionnels). Une grande partie de ces cancers est donc considérée comme évitable, on estime que 80 000 cancers par an pourraient ainsi être évités ! Le Plan Cancer 2014-2019, mis en place par le ministère de la santé, organise la lutte contre le cancer en France et prévoit notamment dans son objectif 11 de « réduire le risque de cancer par l’alimentation et l’activité physique ».

En effet, 30 min d’activité physique d’intensité moyenne par jour (cf recommandations) permet de diminuer le risque de survenue de nombreux cancer : en moyenne 25% pour le cancer du côlon et pour le cancer du sein, et probablement un effet protecteur sur les cancers de l’endomètre et du poumon. La littérature scientifique n’est pas encore assez fournie pour étendre ces conclusions aux autres localisations de cancers. Dans la plupart des cas, l’effet protecteur augmente avec l’augmentation de l’activité physique : par exemple, faire 4h de marche à 3,5km/h en plus par semaine permet de diminuer de 5% supplémentaire le risque de survenue du cancer du sein. En prévention primaire, être actif permet donc de réduire le risque de déclarer un cancer.

Il est aussi très recommandé d’être actif avant, pendant et après le traitement contre le cancer, et ce dans tous les types de cancer. Faire de l’exercice permettra d’avoir une meilleure tolérance au traitement, augmentant les chances de réussite de celui-ci, mais aussi d’améliorer la qualité de vie et les capacités physiques. Surtout, et contrairement à ce que l’on pourrait croire, pratiquer une activité physique permet de réduire la sensation fatigue, très présente chez les personnes atteintes d’un cancer. En prévention secondaire, être actif permet d’augmenter ses chances de survie.

Si l’effet est bénéfique lorsque vous êtes encadré, il n’est pas scientifiquement significatif pour les activités physiques non surveillées. C’est pourquoi des activités spécifiques se développent dans le milieu sportif, notamment en Normandie…

Mardi 3 octobre a eu lieu la 3ème soirée d’échanges entre éducateurs sportifs partenaires de « Initier et Maintenir une Activité Physique et sportive Avec un Cancer ». Ce projet est piloté par le réseau Onco Basse-Normandie, organisme assurant la coordination des soins des personnes atteintes d’un cancer, et a pour but de mesurer l’effet d’une prise en charge de 3 mois d’activités physiques adaptées sur le maintien d’une activité physique à 1 an.  Pour se faire, l’étude propose donc 3 mois d’activités physiques adaptées gratuite chez un partenaire, à raison de 2 séances par semaine et à condition d’avoir une certificat de non contre-indication (ou encore mieux une prescription médical…) et que le diagnostic date de moins de 3 ans. Des questionnaires portant sur la qualité de vie et sur l’activité physique sont remplis au début et à la fin des 3 mois ainsi qu’un an après. Un questionnaire de satisfaction est également proposé à 3 mois.

Au 28 septembre 2017, 546 personnes ont pu pratiquer une activité physique sous l’encadrement de 92 opérateurs partout dans la région. Les résultats sont très positifs : 99% de satisfaction à l’issue des 3 mois de prise en charge et 77% d’assiduité à 1 an, une qualité de vie qui montre une tendance à l’amélioration et un impact positif sur le ressenti des participants. Plus de données sont nécessaires pour vérifier l’impact économique d’une telle prise en charge, en répertoriant le nombre d’hospitalisations et de consultations chez un médecin ainsi qu’en quantifiant le temps nécessaire à reprendre le travail. C’est pourquoi en 2018, IMAPAC devient un dispositif soutenu par l’Agence Régional de Santé et s’étendra également au territoire haut-normand. Le nombre de participants, déjà en forte croissance depuis 2016, devrait alors doubler et un nouveau réseau de partenaires devra être créé.

Ayant participer au projet dans le cadre de mon stage étudiant, je suis partenaire d’IMAPAC depuis juin 2017. Retrouver ma fiche spécifique sur le site IMAPAC et n’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations.

 

Sources :

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2014-02-03_Plan_cancer-2.pdf

http://www.pmrjournal.org/article/S1934-1482(17)31199-1/fulltext

http://bjsm.bmj.com/content/early/2017/09/27/bjsports-2017-097891

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